CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DES SOLS
1.
- IDENTIFICATION et CLASSIFICATION
Les
sols naturels sont constitués par un mélange de particules élémentaires de
différentes dimensions et par suite de propriétés différentes. D'une manière
générale, les propriétés d'un sol dépendront de la proportion de fines
particules par rapport à la quantité des plus grosses. Pour étudier les
propriétés mécaniques des sols, il est donc nécessaire d'en connaître la nature
et de les classer. Pour ce faire on se référera aux classifications mises au
point, qui repose sur deux essais principaux
d'identification : l'analyse granulométrique et la détermination des limites d'Atterberg.
1.1.
- Analyse granulométrique et sédimentomètrique
Cet
essai consiste à déterminer la répartition en poids des grains du sol suivant
leur dimension. Pour les particules de dimensions supérieures à 80 µm, la
séparation se fait par tamisage. Pour les fines (< 80 µm), on doit pratiquer
l'essai de sédimentométrie.
-
Tamisage
Celui-ci
peut se faire à sec ou sous l'eau à l'aide de tamis ou de passoires en
progression géométrique de raison
. Les résultats de l'analyse sont reportés sur un diagramme
semi-logarithmique où l'on porte les diamètres des particules en abscisse
(graduation log) et les pourcentages en poids des tamisats
cumulés en ordonnée. Sur la courbe on appellera Dx
le diamètre pour lequel le tamisât cumulé est de x %. A l'aide de cette courbe
on détermine ainsi pour chaque diamètre Dx
la quantité de particules inférieures en dimension à Dx.
-
Sédimentologie
Cet
essai est basé sur la loi de Stockes qui donne la vitesse limite V d'une
particule de poids spécifique s tombant sous l'action de la
pesanteur, dans un liquide visqueux de poids spécifique w et
de viscosité . En réalité cet essai se fait en dispersant les
particules de sol dans l'eau par agitation. On laisse décanter, et on mesure la
densité de la solution à différents niveaux et en fonction du temps. En
établissant une relation entre le diamètre des particules et le temps d'une
part, la densité et le % de particules d'autre part, on peut ainsi tracer la
courbe sédimentométrique qui complète la courbe
granulométrique.
On
détermine alors les caractéristiques du sol par 2 coefficients :
§
le
coefficient d’uniformité (coefficient
de Hazen) :
Cu
![]()
qui caractérise
l'étalement de la granulométrie,
§
le
coefficient de courbure :
Cc
)
Suivant la forme granulométrique et la valeur des 2 coefficients, on dira que la granulométrie est étalée ou serrée, continue ou discontinue, bien graduée ou mal graduée.


1.2.-
Limites d'Atterberg
Cet
essai se pratique sur la fraction de sol dont les particules ont une dimension
inférieure à 0,42 mm (le mortier). Si à un échantillon de sol préalablement
desséché et pulvérisé, on fait croître la teneur en eau de façon homogène par
malaxage, il passe progressivement de l'état solide, à l'état plastiique puis à l'état liquide. Par définition, la teneur
en eau w d'un sol est le rapport entre le poids d'eau Ww
et le poids de sol sec Ws. Elle est exprimée en %. En 1905, Atterberg a défini des teneurs en eau fixant les limites
entre les 3 états.

Ces
limites ne représentent pas un état physique précis. Elles ont un caractère
conventionnel et sont définies à partir d'essais normalisés.
-
La limite de liquidité WL
Le
mortier est placé dans une coupelle et est séparé en 2 parties par une rainure.
Des coups secs sont imprimés à la coupelle avec un appareillage spécial. Par
définition, la limite de liquidité est la teneur en eau pour laquelle les deux
lèvres de la saignée se rejoignent sur une longueur supérieure à 1 cm pour un
nombre de coups donnés à la coupelle égale à 25.
-
La limite de Plasticité WP
C'est
la teneur en eau au-dessous de laquelle il n'est plus possible de confectionner
des boudins de sol de 3 mm de Ø sans qu'ils se rompent ou s'émiettent.
-
L’indice de plasticité IP
Il
donne l'étendue du domaine plastique IP = WL - WP.
La plasticité d'un sol (c'est-à-dire sa faculté de devenir très déformable en
absorbant de l'eau) est appréciée par le couple (WL ,
IP) qui dépendent de la nature des minéraux argileux contenus dans
le sol et de leur quantité. C'est ainsi que Casagrande
a défini un diagramme dit "Abaque de plasticité de Casagrande"
qui permet de classer les sols fins.


-
On définit aussi l'indice de consistance d'un sol
![]()
(le sol étant pris dans son état naturel teneur en eau w)
Et
l'indice de liquidité
.
1.3.
- Activité - Sensibilité - Thixotropie des argiles
-
teneur en argile
Par définition, la teneur en argile
(exprimée en %) est égale à :
![]()
L'activité d'une argile est alors définie
par :
![]()
A < 0,75 :
argiles inactives
0,75 < A <
1,25 argiles normales
A > 1,25 argiles
actives
-
Sensibilité
Par
définition ST est le rapport de la résistance à la compression
simple avant remaniement sur la résistance à la compression simple après
remaniement. On effectue ces essais de compression sur des cylindres de sol
dont la hauteur h est égale à 2Ø (diamètre de la carotte).
2 < ST
< 4 : argile normale
4 < ST
< 8 : argile sensible
ST >
8 : argile très sensible
-
Thixotropie des boues argileuses
Certaines
boues argileuses (bentonites) à grains fins du type Montmorillonites, ont la
propriété de passer quasiment directement de l'état liquide lorsqu'elle
sont agitées à l'état solide. Ces bentonites sont utilisées en
particulier pour les forages dans le sable car avec le sable il se forme un
voile solide sur les parois du trou, ce voile solide (cake) étant parfaitement
imperméable tandis que le centre du trou reste mou.
2.-
CLASSIFICATION DES SOLS
Les
différentes classification des sols reposent en
général sur la classification américaine USCS (Unified
Soils Classification System) dont les bases sont :
•
le pourcentage d'éléments gros et fins (< 80 µm)
•
la forme de la courbe granulométrique,
•
les limites WL et WP ainsi que l'indice IP.
On
commence d'abord par déterminer les pourcentages :
• sol grenus : plus de 50% des
éléments sont > à 80 µm.
• sols fins : plus de 50% des
éléments sont < à 80 µm.
CLASSIFICATION DES SOLS GRENUSPlus
de 50% des éléments > 0,08 mm |
|||||
|
Définitions |
Symboles |
Conditions |
Appellations |
||
|
GRAVES |
Plus de 50 % des éléments > 0,08 mm ont un diamètre >
2 mm |
Moins de 5 % des éléments sont < 0,08 mm |
Gb(GW) |
1
< |
Grave
propre bien graduée |
Gm(GP) |
Une
des conditions de Gb non satisfaite |
Grave
propre mal graduée |
|||
|
Plus de 12 % des éléments sont < 0,08 mm |
GL (GM) |
Limites
d'Atterberg au-dessous de A (*) |
Grave
limoneuse |
||
|
GA (GC) |
Limites
d'Atterberg au-dessus de A (*) |
Grave
argileuse |
|||
|
SABLES |
Plus de 50 % des éléments > 0,08 mm ont un diamètre <
2 mm |
Moins de 5 % des éléments sont < 0,08 mm |
Sb
(SW) |
1 < Cc < 3 |
Sable
propre bien gradué |
|
Sm (SP) |
Une
des conditions de Sb non satisfaite |
Sable
propre mal gradué |
|||
|
Plus de 12 % des éléments sont < 0,08 mm |
SL (SM) |
Limites
d'Atterberg au-dessous de A (*) |
Sable
limoneux |
||
|
SA (SC) |
Limites
d'Atterberg au-dessus de A (*) |
Sable
argileux |
|||
|
Remarque : Si le
pourcentage d'éléments inférieurs à 0,08 mm est compris entre 5% et 12%, on
utilise un double symbole. Pour (*) se reporter à l'abaque de Casagrande. |
|||||
En
laboratoire, la classification commence par une appréciation visuelle des sols
de manière à distinguer d'une part, les sols très organiques, d'autre part les
sols grenus ou fins. Dans les cas limites, on devra déterminer le pourcentage
d'éléments inférieurs à 80. Les sols organiques se reconnaissent par leur
texture fibreuse dûe à une décomposition de matière
végétale, leur couleur tirant sur l'ocre, le rouge, ou le brun. Mais celle-ci
n'est pas déterminante surtout en Afrique où les sols latéritiques présentent
les mêmes couleurs. Par contre l'odeur caractéristique de pourriture ou de gaz
issus de la décomposition est un atout déterminant.
Pour
la lecture des tableaux de classification, les symboles utilisés ont la
signification suivante :
a) Eléments du sol :
* G : grave. Le gravier
en est la fraction principale.
* S : sable.
* L : limon ou sols
limoneux.
* A : argile ou sols
argileux.
* T : tourbe.
* O : sols organiques.
b) Granulométrie :
* b : bien gradué.
Toutes les dimensions de grains sont représentées ,
aucune ne prédomine.
* m : mal gradué. Une
(ou plusieurs) dimension de grains prédomine.
c) Plasticité du sol :
* t : très plastique
(limite de liquidité élevée).
* p : peu plastique
(limite de liquidité faible).
2.1.- Classification des sols grenus
:
On se sert du tableau de
classification général pour séparer les sols grenus des sols fins. (Tableau 1).
Pour plus de précision, on utilise ensuite le tableau de classification des
sols granus (Tableau 2).
2.2.- Classification des sols fins :
On utilise l'abaque de Casagrande qui permet de déterminer la plasticité du sol.
Lorsque l'une des caractéristiques se
situe à la limite séparant deux classes, on utilise un double symbole : par
exemple, AP - LP.
2.3.-
Autre classification :
Une autre type
de classification des sols fins a été mis au point par le "Public Road
Administration", mais qui n'est pas applicable aux sables et graviers
habituels. Dans un échantillon de sol donné, on admet qu'il y a en proportion
variable du sable, du limon, et de l'argile. On utilise alors un diagramme
triangulaire.

3
- PARAMETRES DEFINISSANT L'ETAT D'UN SOL
3.1.-
Schéma poids-volume :
Les
caractéristiques mécaniques d'un sol dépendent des quantités d'air, d'eau et de
matière solide entrant dans sa composition.

Toutes
les quantités sont déterminées par mesure de volume ou de poids avant et après
étuvage à 105° C jusqu'à poids constant. Les paramètres définis sont tous des
rapports entre deux ou plusieurs de ces quantités de base. Les relations entre
ces paramètres sont donc indépendantes de la quantité de sol considéré et l'une
des quantités élémentaires pourra, dans la recherche de ces relations, être
prise égale à l'unité.
3.2.-
Poids spécifiques
Par
définition, nous aurons les relations suivantes :
3.3.-
Paramètres sans dimension
a)
Teneur en eau : ![]()
Les
valeurs de teneur en eau sont très variables ; pour argiles, elles peuvent
dépasser 100% ; mais pour celles-ci la mesure de teneur en eau est très
incertaine. En effet, à la température de 105°C, seule l'eau interstitielle est
éliminée. L'eau adsorbée ne l'est que partiellement et l'eau de constitution ne
l'est pas du tout. Si dans les couches superficielles du sol, elle est de
l'ordre de 10%, il n'en va pas de même dans les couches profondes où la teneur
en eau varie peu. Par contre certains sols comme les tourbes ont des teneurs en
eau pouvant aller jusqu'à 600% et plus.
b)
Degré de saturation : ![]()
Lorsque
le sol est sec Sr = 0. Lorsqu'il est saturé, c'est-à-dire lorsque
les vides du squelette solide sont remplis d'eau : Sr = 1.
c)
Porosité et indice des vides :
La
porosité est le rapport du volume des vides (c'est-à-dire du volume occupé par
l'air, l'eau ou les deux fluides simultanément) au volume total du sol. Dans le
volume unité, les grains solides occupent un volume de C = 1 - n, que l'on
appelle la compacité, n étant la porosité définie ci-dessus. L'indice
des vides fait double emploi avec la porosité mais son utilisation est parfois
plus facile dans les problèmes. C'est le rapport du volume des vides au volume
des grains solides ; avec
et ![]()